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Faire une année de césure après le bac

De La Rédaction, publié le 26/03/2018

L’année de césure vous permet d’interrompre temporairement votre cursus de formation, afin de vous forger une expérience différente et enrichissante pour vous-même et pour votre projet tant personnel que professionnel. Comme vous avez le droit d’en bénéficier dès le début de votre première année d’enseignement supérieur, pourquoi hésiter ?

Etes-vous concerné ?

Ce dispositif est ouvert aux seuls étudiants en formation initiale. Les bénéficiaires d’une formation continue ne sont donc pas concernés.

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Comment bénéficier du dispositif ?

La condition initiale

La condition pour pouvoir bénéficier de ce dispositif de césure est d’être préalablement inscrit et admis dans un établissement d’enseignement supérieur.

Dès lors, vous devez faire votre demande à l’établissement en question, qui vous accordera ou non la césure en fonction des critères fixés et publiés dans son règlement interne.

La procédure type

L’établissement d’origine précise généralement dans son règlement intérieur ou dans le règlement des études les modalités de fonctionnement d’une année de césure. Il y détermine ainsi la procédure aboutissant à accorder ou non la césure.

A partir de ces informations que vous aurez obtenues, vous devrez effectuer une demande expresse de césure, sous forme de lettre de motivation à l’attention du chef de l’établissement. Cette lettre doit contenir les modalités envisagées et les objectifs de réalisation de la période de césure.

Le chef d’établissement a alors deux possibilités:

1. Il peut refuser de vous accorder cette période de césure

Ce qui emporte le droit pour vous d’éventuellement faire appel de cette décision auprès de l’instance de recours prévue par l’établissement.

2. Il peut accepter votre requête

S’il accepte cette requête, vous bénéficiez alors de la garantie écrite d’une inscription et d’une réintégration l’année ou le semestre suivant la période de césure dans son établissement et dans la formation que vous aviez initialement choisie.

Si en revanche, vous aviez prévu avant votre césure de changer d’établissement à l’issue de cette période de suspension d’études, c’est le nouvel établissement que vous projetez d’intégrer qui doit signer l’accord en garantissant votre intégration après la période de césure. Ce sera donc ce nouvel établissement qui vous sera votre établissement de référence.

La question des prestations sociales

En période de césure, vous pouvez bénéficier des prestations sociales sous certaines conditions :

Concernant le droit à une bourse

Si la période de césure consiste en une autre formation

Cette dernière doit conduire à un diplôme national de l’enseignement supérieur et/ou doit être habilitée à recevoir des boursiers. La bourse est alors conditionnée à votre progression, votre assiduité aux cours et votre participation aux examens.

Dans le cas où la césure n’a pas pour objet de suivre une autre formation

Le droit à bourse peut être maintenu sur décision de l’établissement. Vous êtes alors dispensé de votre obligation d’assiduité durant la période de césure. Cette décision va dépendre de la relation entre l’objet de la césure et la formation dispensée par l’établissement.

Concernant la couverture maladie étudiante

Pendant votre période de césure, vous bénéficiez de la couverture maladie étudiante:

  • si vous remplissez les conditions requises, notamment d’âge.
  • si vous n’êtes dépendant d’aucun autre régime.
  • si vous avez acquitté votre cotisation au régime d’assurance maladie étudiant lors de votre inscription dans l’établissement.

En revanche, si vous réalisez votre césure à l’étranger:

  • rapprochez-vous de votre caisse d’assurance maladie afin de connaître les conditions permettant la prise en charge de vos frais médicaux.
  • vérifiez si vous êtes ou non couvert par votre organisme d’accueil.

Concernant le droit aux autres prestations sociales

Le bénéfice des autres prestations sociales universitaires – dont le logement en cité universitaire, l’accès à la restauration des CROUS au tarif social,les  aides spécifiques… – reste soumis aux conditions posées par l’article R 822-15(1) du code de l’éducation pour les étudiants régulièrement inscrits dans un établissement.

Et les frais de scolarité ?

Pour une année de césure

Si aucun dispositif d’accompagnement pédagogique n’est prévu par l’établissement d’origine, vous n’avez pas à payer de droits de scolarité lorsque vous effectuez une année de césure. En effet, la circulaire du 22 juillet 2015 prévoit que dans un tel cas de figure  » une exonération totale des droits d’inscription doit être appliquée » (Titre III § a).

La même circulaire prévoit aussi que tout étudiant effectuant une période de césure peut refuser de bénéficier des dispositifs d’accompagnement pédagogiques prévus et proposés par son établissement ( « titre III, a).

Cependant dans ce dernier cas, une partie des droits de scolarité peut être perçue par l’établissement, le montant de ces droits devant être prévu par le règlement intérieur et/ou le règlement des études de l’établissement.

Pour un semestre de césure

Si la période de césure consiste en une formation d’un semestre conduisant à  l’obtention d’un diplôme national, vous devez tout de même vous acquitter des droits de scolarité annuels prévus, et cela même si l’établissement d’origine ne propose aucun accompagnement pédagogique.

Si vous réalisez une formation dans un établissement privé ou public conduisant à l’obtention d’un diplôme propre à cet établissement, il appartient à cet établissement de décider de réduire le montant des droits de scolarité dans le cadre des règles définies par ses instances.

Combien de temps et quand ?

1 césure = 1 à 2 semestres consécutifs

La période de césure correspond au moins à un semestre universitaire, sachant qu’elle se réalise par périodes indivisibles de 6 mois. Son démarrage s’effectue obligatoirement en même temps que le démarrage d’un semestre universitaire.

Cette période de césure s’étend sur une durée maximale représentant une année universitaire. Ainsi, il vous est possible d’effectuer une période de césure sur le 2e semestre d’une année universitaire N et la poursuivre avec une période de césure sur le 1er semestre de l’année N+1 dès lors que l’établissement l’autorise.

Quand ? de la première à la dernière année d’études

La césure peut être effectuée dès le début de la 1e année de cursus. Vous pouvez d’ailleurs obtenir plusieurs césures durant votre cursus si votre établissement a donné son accord.

En revanche, si vous prévoyez d’arrêter vos études à la fin de votre cursus, il ne vous est pas possible d’effectuer une césure après la dernière année de formation.

A l’inverse, si vous prévoyez d’effectuer une formation complémentaire à la suite de ce cursus  (ex: un master après une licence, un doctorat après un master) et que votre prochain établissement d’accueil a donné son accord, vous pouvez réaliser à nouveau une période de césure post 1er cursus.

La césure, pour faire quoi ?

1. Une autre formation

Durant votre période de césure, vous pouvez très bien décider de réaliser une formation, dans un domaine autre que celui de la scolarité principale.

2. Un stage

Vous pouvez également décider de réaliser un stage professionnel. Ce dernier doit alors être d’une durée égale à un semestre universitaire, sachant que la césure doit s’intégrer dans un cursus respectant le minimum de 200 heures de formation (loi n° 2014-788 du 10 juillet 2014).

Vous ne pouvez donc pas faire une césure de 12 mois sous la forme d’un stage unique dans un même organisme d’accueil.

Les règles qui prévalent pour une césure sous la forme d’un stage sont celles fixées dans la convention de stage (droit français ou droit local).

3. Un projet d’entrepreneuriat

Vous pouvez avoir également le projet de créer une entreprise dans le cadre d’une démarche entrepreneuriale. Dans ce cas, la césure doit s’inscrire dans le dispositif de l’étudiant-entrepreneur et le cas échéant dans  l’obtention du diplôme d’étudiant entrepreneur (dit D2E) porté par l’un des 29 pôles Pépite.

4. Une césure à l’étranger

La période de césure peut être effectuée en dehors du territoire français, sous réserve de l’accord de votre établissement d’origine. Dans ce cas, notez que la c’est la législation du pays d’accueil qui s’applique dans les relations que vous aurez avec l’organisme qui vous y accueillera, y compris s’il s’agit d’une période de formation.

Quand vous rentrerez, il sera toujours temps de vous demander :

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5. Du volontariat ou service civique

Le bénévolat signifie la participation non rétribuée à des projets de bénévolat et de service communautaire. Par votre action, vous contribuez à rendre le monde meilleur !

La législation et la réglementation applicables

Lorsqu’il s’agit d’un engagement de service civique ou de volontariat associatif, en France ou à l’étranger, ce sont les dispositions législatives et réglementaires issues du code du service national et régissant ce dispositif qui s’appliquent.

Lorsqu’il s’agit d’un volontariat de solidarité internationale, d’un volontariat international en administration ou en entreprise, d’un service volontaire européen, ce sont les règles propres régissant ces autres formes de volontariat  qui s’appliquent.

Spécificité de la césure hors du territoire français

Lors de la préparation de votre période de césure, n’oubliez pas de vous rapprocher de :

  • l’organisme d’accueil s’il s’agit d’un engagement de service civique ou d’un volontariat associatif ;
  • l’agence Erasmus + jeunesse et sport pour un service volontaire européen ;
  • Clong-volontariat pour un volontariat de solidarité internationale ;
  • UbiFrance et plus généralement le centre du volontariat international dans le cadre d’un volontariat en administration ou en entreprise.

6. Un emploi rémunéré

Il vous est également possible de consacrer cette césure à la réalisation d’un travail rémunéré, au sein d’un organisme public ou privé. La réglementation du travail du secteur s’applique.

La nature du poste occupé ainsi que les tâches confiées relèvent donc exclusivement du contrat de travail que vous aurez signé avec l’organisme qui vous emploie.

La césure, dans quel but ?

1. Pour prendre du recul

Le plus souvent, la césure notamment post-bac, constitue un moyen judicieux pour d’une part gagner en maturité et en indépendance, renforcer votre confiance en vous et apprendre à résoudre les problèmes par vous-mêmes. Autrement dit, vous gagnez en autonomie et en affirmation de vous-mêmes.

D’autre part, c’est l’occasion de vivre des expériences inoubliables, de partir à la rencontre des gens, d’élargir vos horizons et de tester vos capacités d’adaptation.  

A votre retour, peut-être aurez-vous une idée plus précise des études de vos rêves, et peut-être déciderez vous de vous réorienter ?

2. Pour mieux définir votre projet professionnel

Vous souhaitez peut-être vous professionnaliser en effectuant un stage ou en travaillant. La césure constitue un bon prétexte pour découvrir le monde du travail. D’ailleurs, pourquoi ne pas partir à la découverte du fonctionnement d’une entreprise étrangère ?

Toutes les expériences acquises forgeront vos compétences. Vous obtiendrez peut-être même des qualifications supplémentaires. En tout état de cause, la césure vous permettra de mieux comprendre les enjeux de telle ou telle profession, de même qu’elle concourra à affiner vos ambitions de carrière.

D’ailleurs, l’année de césure constitue un véritable plus pour votre CV, quelle que soit la direction que vous prendrez ensuite. Les employeurs y sont particulièrement sensibles car cette démarche dénote une ouverture d’esprit, un courage et une curiosité intellectuelle très prisés !

3. Pour mener à bien un projet personnel

La césure vous permet de consacrer du temps à une cause qui vous tient à coeur. C’est donc une occasion unique de vous investir dans une mission de solidarité, qu’elle soit portée par une ONG, une association, une agence spécialisée ; et qu’elle s’effectue en France ou à l’étranger.

4. Pour apprendre une langue

L’objectif: partir en immersion pour perfectionner vos connaissances en langue, travailler votre grammaire, votre accent et découvrir une culture qui vous attire. Enfin, vous vous forgez de précieuses compétences interculturelles, dites soft skills. Ce séjour linguistique peut avoir plusieurs formes:

  • Notamment vous pouvez vous inscrire dans une formation. Mais cela suppose évidemment de trouver un logement et de quoi subvenir à vos besoins.
  • Vous pouvez décider de trouver un emploi, ce qui résoudra ces interrogations. Par exemple, pourquoi ne pas devenir assistant de français au sein d’une université étrangère ?
  • La formule au pair est également une possibilité, qui est en même économique et enrichissante puisque vous êtes logé, nourri, blanchi. En contrepartie, vous vous occupez de jeunes enfants et réalisez quelques menus services pour la famille d’accueil (ménage, courses, baby-sitting).
  • Enfin, vous pouvez tout simplement choisir de partir à l’aventure et réaliser un road-trip à l’autre bout du monde. Dans ce cas, entrez dans le dispositif “Permis vacances-travail” (PVT), ce qui signifie que vous êtes autorisé à la fois à découvrir un pays et à travailler sur place pour financer votre séjour. Les pays reconnaissants le PVT sont l’Australie, le Canada, la Corée du Sud, le Japon, la Nouvelle-Zélande et Singapour.

D’ailleurs, vous pouvez même envisager une année multi-langues, au cours de laquelle vous passerez quelques mois à travailler votre anglais, puis vous enchaînerez sur votre espagnol, voire une 3e langue dans un 3e pays !

Profitez-en pour passer un examen de langue officiel qui permettra de valoriser davantage encore cette expérience !

Les examens de langue reconnus

Vous avez à ce titre l’embarras du choix:

Pour les examens en langue anglaise:

  • les examens de Cambridge (FCE, CAE, CPE) reconnus par plus de 11 000 écoles, universités employeurs et gouvernements. Ils testent le niveau de lecture, de rédaction, de compréhension et d’expression orale.
  • le TOEFL (Test of English as a Foreign Language): Il évalue les compétences linguistiques des étudiants non-anglophones souhaitant intégrer une université américaine.
  • le TOEIC (Test of English for International Communication): Il évalue l’anglais dans un contexte professionnel.
  • l’IELTS (International English Language Testing System), requis pour intégrer une université au Royaume-Uni, en Irlande, en Australie et en Nouvelle-Zélande.

Pour les examens en langue allemande:

  • le TestDaf (Zetifikat Deutsch als Fremdsprache), examen linguistique reconnu par toutes les universités allemandes.
  • le ZDfB (Zertifikat Deutsch für den Beruf): il est reconnu dans le monde professionnel.
  • le Goethe-Zertifikat C2: qui atteste de compétences linguistiques de très haut niveau et constitue à ce titre le sésame pour l’entrée dans une université allemande.

Pour les examens en langue espagnole:

  • le DELE (Diploma de Espanol como Lengua Extranjera): c’est le seul examen destiné aux étudiants non hispanophones. Il est officiellement reconnu par el Ministère espagnol de l’Education et de la Culture.
  • le DIEN (Diploma Intermedio de Espanol de Los Negocios): il est destiné aux étudiants de niveau intermédiaire à avancé.

Pour les examens en langue italienne:

  • le CILS (Certificazione di Italiano come Lingua Straniera): Il s’agit d’un examen de compétences destiné aux étudiants non italophones, certifié par l’EALTA (European Agency for Language Testing) et les ministères italiens de l’Education et des Affaires étrangères.
  • le CELI (Certificato di Conoscenza della Lingua Italiana): Il s’agit d’une certification de maîtrise de la langue italienne pour les non natifs.

Pour les examens en langue chinoise:

  • le HSK (Hanyu Shuiping Kaoshi) qui est un test évaluant les compétences en mandarin. Il est reconnu par la Chine.
  • le DCL (Diplôme de compétence en langue), organisé par le Ministère français de l’Education nationale: qui évalue du niveau A2 au niveau C1 du Cadre européen commun de référence pour les langues (CECRL).

Pour les examens en langue japonaise:

  • le JLPT (Japanese Language Proficiency Test): Il s’agit d’un test standardisé évaluant et certifiant le niveau de connaissance du japonais.

Pour les examens en langue russe:

  • le DCL (Diplôme de Compétence en langue de communication à usage professionnel) est une diplôme de l’Education nationale adapté aux besoins du monde professionnel.
  • les certifications du Ministère de l’Education de la Fédération de Russie: le TEOU (niveau élémentaire 1), le TBOU (niveau élémentaire 2), le TRKI ou TORFL (niveau intermédiaire ou avancé), le Certificat de Russe des affaires.

Pour les examens en langue arabe:

le DCL (Diplôme de compétence en langue), organisé par le Ministère français de l’Education nationale: qui évalue du niveau A2 au niveau C1 du Cadre européen commun de référence pour les langues (CECRL).