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Les nouveaux métiers du web

De La Rédaction, publié le 07/02/2018

Dans son étude relative à la nécessité d’une mutation numérique des entreprises françaises, le cabinet McKinsey estimait le nombre d’emplois créés par l’émergence d’Internet à 1,5 million sur les 15 dernières années. De quoi motiver les étudiants et rassurer leurs parents, d’autant qu’en terme de connectivité, la France – qui ne figure qu’en 17e position par rapport aux autres pays de l’OCDE – dispose d’une forte marge de progression. Zoom sur les postes emblématiques du secteur.

Des opportunités en pagaille

Lorsque les marges de manœuvre des entreprises ne sont pas suffisantes pour recruter à plein temps des professionnels du web pour assurer leur visibilité et leur crédibilité, nombre d’entre elles font appel à des prestataires ou web-agencies pour la conception de leur site internet. En effet,la particularité du secteur est qu’il existe un panel impressionnant d’entreprises tournées essentiellement ver le web. Parmi elles, on peut distinguer les fournisseurs d’accès à Internet et les agences. 

Enfin, un phénomène récent s’est fait jour qui laisse augurer de nouvelles opportunités pour les diplômés, à savoir l’émergence des réseaux sociaux. Ceux-ci emportent avec leur développement effréné des questions relatives à l’e-réputation et à la modération des échanges, autant d’occasions de provoquer de nouveaux besoins et donc de métiers.

Autre point d’intérêt concernant les nouveaux métiers du web : ils ne se concentrent pas uniquement sur des métiers techniques, ils trouvent à se déployer dans les domaines du e-commerce, du marketing ou encore de la publicité.

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Dans le domaine opérationnel 

1. Le Concepteur Web ou développeur Web

Description du poste : Le concepteur ou développeur web crée des sites internet sur mesure pour ses clients. Son intervention consiste sur la base d’un cahier des charges en une étude des besoins et en du conseil, l’objectif étant de traduire les attentes de l’ordonnateur sous la forme d’un site Internet.

En tant qu’expert, le développeur web prévoit alors les spécificités du site, qu’il s’agisse de son architecture, de ses fonctionnalités ou encore de son ergonomie.

Devenez chef de projet !

Si le devis détaillé qu’il remet à son client est accepté et que la création du site lui est confiée, il se transforme alors en chef de projet, en ce qu’il construit soit lui-même le site, ou qu’il coordonnera une équipe de développeurs et graphistes. Garant de l’avancée du projet, il respecte les délais et le budget impartis.

Son objectif est de veiller à la simplicité d’usage du site. Sa mission comporte aussi un aspect artistique dans la mesure où il est amené à travailler sur l’identité visuelle et la charte graphique.

Métiers proches :

  • Webdesigner,
  • développeur front end,
  • développeur back end

Compétences attendues

Au-delà d’une parfaite maîtrise des compétences techniques relatives à l’informatique et au numérique, le concepteur web dispose d’une bonne aisance relationnelle qui lui permet de communiquer ses idées, tout en étant à l’écoute de son client. Très créatif, il est force de proposition. Des qualités de management sont un plus.

Niveau de diplôme requis

Un BTS informatique, un BTS design graphique avec option médias numériques ou un DUT métiers du multimédia et de l’Internet peuvent conduire à ce métier. De même, les titulaires d’une des licences professionnelles suivantes  par exemple peuvent y prétendre :

  • concepteur et intégrateur Web et mobiles à Paris 13,
  • concepteur et gestionnaire de sites Internet (METINET) à l’université Claude-Bernard de Lyon,
  • création pour le Web à Aix-Marseille Université,
  • conception, rédaction et réalisation Web à Paris-Est-Marne-la-Vallée

Débouchés

Toutes les entreprises se dotent désormais d’un site Internet, un outil marketing et de communication qui leur donne une visibilité non négligeable. En conséquence, les opportunités de travail sont légion. Un concepteur web peut donc travailler à son propre compte et effectuer des missions ; ou encore se voir recruter par une entreprise de taille moyenne ou une administration locale.

A cette occasion, il peut évoluer vers la fonction de webmaster, c’est-à-dire de gestionnaire de site Internet, poste qui allie des compétences techniques et rédactionnelles. Dans ce cas de figure, il complète alors ses compétences techniques par des aptitudes éditoriales, en alimentant quotidiennement le site d’informations supplémentaires ou qu’il renouvelle de manière à présenter continument des données à jour.

Evolution professionnelle

Avec quelques années d’expériences, le concepteur web peut également intégrer une ESN ou travailler au sein d’agence de création ou de communication, ou en partenariat avec le service marketing d’une entreprise.

Salaire

Le salaire moyen oscille entre 1 500€ et 2 000€ bruts par mois.

Dans le domaine graphique

2. L’UX designer

Description du poste : L’user experience (UX) designer travaille en équipe dans la mesure ou sa mission est de concevoir et améliorer les interfaces numériques, de manière à ce que l’expérience de l’utilisateur soit la plus agréable et intuitive possible. Son objectif est donc d’améliorer ou proposer un usage simple, pertinent et cohérent d’un site web, d’une application ou de tout autre dispositif numérique.

Au sein d’une entreprise, il collabore donc de façon étroite avec le graphiste, le développeur et le chef de produit. Son travail consiste alors à élaborer des croquis puis des maquettes de l’interface à créer, permettant d’en définir l’ergonomie. Le design graphique est ensuite laissé à la charge du graphiste.

Compétences attendues

Pour exercer ce métier, l’UX designer doit avoir un sens de l’observation affûté car il doit être en mesure de repérer et déchiffrer les comportements des utilisateurs. Il identifie les éléments de blocage et sources de critiques de la part des utilisateurs, et sait faire entendre son point de vue, son analyse et expliquer ses propositions. Enfin au-delà du bon communicant, il sait faire valoir son esprit créatif et sa force de proposition.

Niveau de diplôme requis

Quoique plutôt récent comme métier, un certain nombre de formations y préparent déjà – à commencer par les formations en webdesign, de même que les masters de communication,  ou encore les masters en psychologie ou sociologie. Enfin, il ne faut pas non plus négliger les écoles d’art. 

Les débouchés

L’UX designer travaille généralement au sein d’agence de création ou de communication. Il peut également exercer chez un annonceur, ou en partenariat avec le service marketing d’une entreprise.

Évolution professionnelle

Il est possible d’évoluer ensuite vers un poste de directeur de projet, de directeur marketing ou d’architecte de l’information.

Le salaire

En moyenne, l’UX designer débutant perçoit entre 2 300€ et 2 900€ mensuels bruts.

Dans le domaine technique

3. Le Data analyst

Description du poste 

Généralement sous la responsabilité d’un DSI, le data analyst est responsable des opérations relatives aux bases de données de l’entreprise. Son objectif est de rendre le système de données sûr, accessible et utile. A ce titre, il est chargé de créer l’architecture des bases de données nécessaires à l’entreprise, d’en assurer l’administration, et d’en garantir le bon fonctionnement. En tant que garant de la qualité et de la cohérence des données, il joue un rôle de conseil et d’analyste.

Pour en faciliter l’analyse, il propose une modélisation par segments d’étude, de manière à ce que les informations recueillies puissent être exploitables (adresses des clients, état des stocks, tarifs, informations comptables) et contribuer à la prise de décision.

Métiers proches :

  • Data Scientist,
  • Chief Data officer,
  • Administrateur de bases de données

Compétences attendues

Au-delà d’une parfaite connaissance des outils et des langages informatiques, le data analyst se doit de maîtriser les techniques d’analyse de données et les méthodologies statistiques. Rigoureux et précis, il rédige des analyses de fond et doit à ce titre témoigner d’une grande aisance rédactionnelle.

Niveau de diplôme requis

Il est possible d’accéder à ce métier après un BTS en informatique, option solutions d’infrastructure, systèmes et réseaux ; ou un DUT informatique, l’un ou l’autre devant être suivi nécessairement d’une licence professionnelle. Celles qui y conduisent sont notamment :

  • la licence « gestion et traitement informatique de données massives » à l’université Paul-Sabatier de Toulouse,
  • la licence « administrateur de réseaux et de bases de données » à Limoges,
  • la licence « gestion et traitement statistique de bases de données » à Aix-Marseille Université,
  • ou encore la licence « base de données » à l’université Savoie-Mont-Blanc.

Toutefois compte tenu de l’exigence du travail à accomplir, un diplôme Bac+4 ou Bac+5 en ingénierie informatique ou statistiques par exemple, ou un master MIAGE (Méthodes informatiques appliquées à la gestion des entreprises) seront favorisés par les employeurs. L’objectif est de détenir des connaissances approfondies en matière de Business intelligence, de modélisation prédictive, d’analyse et traitement de données massives etc.

Les débouchés

Le data analyst peut choisir de se positionner soit dans le segment numérique soit dans les grands groupes dans lesquels la valorisation de la donnée constitue la clé de leur stratégie marketing et d’offre. Les opportunités sont donc plurielles. Généralement, l’administrateur de base de données travaille donc dans le département informatique d’une grande entreprise, des administrations, d’une PME de services ou encore dans une ESN.

Évolution professionnelle

Les évolutions naturelles du data analyst sont les missions de consultant, ou encore de Data Scientist. Après quelques années d’expérience, il peut également évoluer vers un poste de Chief Data Officier ou Data Security Manager.

Lorsqu’il devient Data Scientist, son analyse devient plus pointue, l’objectif de la manipulation des données étant désormais d’améliorer la performance même de l’entreprise, en identifiant les leviers d’optimisation possibles ainsi que les sources de croissance à mieux exploiter ou développer.

Salaire

Le data analyst débutant perçoit mensuellement près de 3 000 € bruts. Après quelques années d’expérience, il peut prétendre jusqu’à 55 000€ bruts annuels.

4. Le consultant IT ou consultant en technologie de l’information

Description du poste

Le consultant IT est sollicité lorsqu’une entreprise prévoit d’optimiser les performances informatiques de son parc, ou de former ses salariés ou clients à l’utilisation des nouveaux outils dont elle s’est dotée. Son rôle est alors d’établir un diagnostic de la situation et des équipements informatiques de l’entreprise, d’analyser ses besoins et de proposer des solutions technologiques ou les orientations nécessaires pour y répondre. Il observe dans sa démarche les règles de sécurité de l’entreprise.

Chargé également du déploiement de ces solutions, il s’assure qu’elles fonctionnent et qu’elles sont déployées de façon appropriée au sein de l’entreprise. Il accompagne les utilisateurs dans leur prise en main de l’outil en organisation des formations et en diffusant des guides méthodologiques.

Métiers proches :

urbaniste des systèmes d’information (SI),

architecte de réseaux,

administrateur systèmes et réseaux.

Compétences attendues 

Si une bonne connaissance des différentes innovations technologiques est un plus, il est surtout nécessaire d’être autonome, d’être organisé et de faire preuve de méthodologie et de pédagogie pour transmettre ses connaissances. L’aisance relationnelle ainsi que le sens du service client sont des atouts.

Niveau de diplôme requis : Un certain nombre de formations post-bac permettent d’accéder directement au métier de consultant IT. Il est également possible, suite à un diplôme d’ingénieur ou un Master en management des systèmes d’informations et des technologies d’y parvenir.

Débouchés

Etant donné l’évolution rapide des technologies de l’information et des équipements informatiques, les consultants IT sont de plus en plus recherchés. Les ESN de même que certaines grandes entreprises constituent les recruteurs les plus prépondérants. Pour autant, une tendance se fait jour, favorisée par la complexité et la multitude d’innovations du secteur : et désormais nombreux sont les consultant IT indépendants.

Évolution professionnelle : En tant que confirmé, le consultant IT peut s’orienter vers des missions de chef de projet, d’architecte réseaux ou de consultant senior.

Salaire

En moyenne, un consultant IT débutant peut prétendre à un salaire de 3 200€ bruts mensuels.

Dans le domaine éditorial 

5. Le journaliste web

Profil du poste 

Le journaliste web ou cyberjournaliste travaille pour le compte d’un donneur d’ordre qui lui passe commande d’un certain nombre d’articles journalistiques avec pour objectif d’améliorer la visibilité des sites Web sur les moteurs de recherche et de générer un trafic. Le journaliste peut également proposer lui-même des sujets et thématiques, compte tenu de la veille et des connaissances qu’il actualise quotidiennement dans un ou plusieurs domaines.

Dans ce cadre, les missions qui lui reviennent consistent en la collecte, la vérification et le commentaire des informations existantes sur le sujet initialement fixé. En tant que rédacteur, il vend donc du contenu rédactionnel ayant vocation à être publié sur Internet.

Son expertise s’exprime à travers sa plume. Il écrit suivant une ligne éditoriale précise, tout en adaptant dans le même temps son le format de ses articles aux usages et exigences propres au web. Il agrémente ainsi ses contenus éditoriaux de liens hypertextes, de vidéos, d’images ou de sons.

Compétences attendues

Au-delà d’une maîtrise parfaite des techniques rédactionnelles propres au web (usages et référencement notamment), le journaliste web possède un excellent niveau d’expression écrite et un vocabulaire étendu. Sa force de proposition découle de sa solide culture générale et de sa curiosité intellectuelle.

Polyvalent et extrêmement réactif, il adapte ses contenus et sujets en fonction de l’actualité et des réactions ou attentes des internautes. Son rôle est d’écrire, analyser et informer, tout en respectant les délais impartis. Il peut également être amené à faire la mise en plage et assurer la publication même des articles qu’il a rédigés, selon les règles définies par son client. Incisif, empathique et synthétique, sa plume intéresse l’internaute et génère du trafic sur le site.

Niveau de diplôme requis 

Pour effectuer de ce métier, plusieurs cursus spécifiques peuvent être envisagés. Ainsi l’étudiant souhaitant y prétendre peuvent :

– valider au bout de 3 ans une licence professionnelle de type « Référenceur et rédacteur web », telle que celle proposée par l’IUT de Mulhouse (et qui est proposée en formation initiale et par alternance) ou une licence pro « techniques journalistiques pour les nouveaux médias » à l’université Paris 8-Vincennes-Saint Denis ;

– viser un master en information et communication, en arts, en lettres ou en langues ; un master « journalisme et médias numériques » à l’université de Lorraine ;

– faire une école de journalisme, sachant qu’un grand nombre d’entre elles propose une option multimédia ; ou encore intégrer une école de commerce ou un institut d’études politiques.

Les débouchés

Nombre de rédacteurs web travaillent en free-lance, notamment pour le compte des médias numériques (lemonde.fr, lexpress.fr, letudiant.fr, etc.).

Évolution professionnelle

À la condition qu’il ait du talent et qu’il ait acquis une solide expérience, le journaliste web peut évoluer vers des fonctions de rédacteur en chef, de spécialiste reconnu d’un sujet particulier, ou de responsable de la communication dans une entreprise.

Salaire

En début de carrière, un journaliste web perçoit entre 1 700€ et 2 000€ bruts mensuels.

Dans le domaine commercial

6. Le Growth Hacker

Description du poste

Son unique objectif est la croissance rapide et exponentielle de l’entreprise dans laquelle il exerce ses fonctions. A ce titre, il représente une ressource particulièrement prisée par les startups innovantes en phase d’accélération. Son métier est en effet d’identifier de nouveaux leviers de croissance pour générer un effet d’échelle le plus rapidement possible. Hautement stratégique, sa mission consiste donc pour un dispositif numérique (site, application etc.) à acquérir le plus d’utilisateurs possibles.

Constamment au fait de toutes les tendances utilisateurs et de toutes les innovations, il remplit les fonctions de développeur web autant que de responsable marketing. Il adapte la stratégie de l’entreprise aux évolutions numériques et de consommation, de manière à augmenter les profits de l’entreprise. Autrement dit, c’est un expert de la monétisation et de la fidélisation.

Métiers proches :

  • Référenceur,
  • Consultant en référence de sites Web

Compétences attendues

Il maitrise les règles statistiques et d’analyse de données et connaît parfaitement les indicateurs de performance à surveiller. Créatif et avec le sens de l’User experience (UX), il est force de proposition et est attentif au design du produit. Techniquement, il maîtrise les techniques marketing et de développement web.

Niveau de diplôme requis

Il n’existe pas encore de formation spécifiquement destiné à ce métier, si bien qu’il est possible d’y aspirer suite à une formation d’ingénieur information, une école du web, un DUT ou un BTS informatique. Une option sur l’entreprenariat et les startups peut utilement compléter ces connaissances ; de même une spécialité gestion des entreprises et création de valeur.

Les débouchés

Le plus souvent autodidacte, le Growth Hacker est à l’affût des tendances et est polyvalent (marketing, développemet web, design etc.). A ce titre, son profil répond parfaitement aux besoins des jeunes entreprises. Et comme les sociétés telles que Twitter, Facebook, Pinterest, YouTube, Instagram y font appel, ce métier a vocation à se généraliser à toutes les grandes entreprises.

Le salaire

En moyenne, sa rémunération s’élève à 35 000€ bruts par an en début de carrière.