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Quelle formation informatique choisir ?

De La Rédaction, publié le 07/02/2018

L’informatique est aujourd’hui au cœur des enjeux des entreprises. Elle contribue à faciliter le travail. Aussi, aucune organisation ne peut se passer de professionnels dans ce domaine, qu’il s’agisse d’experts recrutés en propre ou missionnés sur une durée limitée. Cette dynamique explique la diversification des formations en informatique. L’objectif pour les écoles et universités est de fournir aux étudiants les outils à l’exercice de ces métiers.

Ce n’est cependant pas pour autant que l’offre de formations en est plus lisible. Les conditions d’accès aux écoles et universités peuvent varier, et le lycéen peut y perdre sa motivation. À suivre, les éléments essentiels à prendre en compte.

Quel bac pour intégrer une école d’informatique ?

Intégrer une école d’informatique post bac suppose de remplir quelques conditions préalables, à commencer par l’obtention d’un diplôme sanctionnant des études secondaires. Et si la filière informatique appelle des connaissances techniques et des savoirs et raisonnements mathématiques, le Bac S n’est néanmoins pas l’unique porte d’entrée.

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Le Bac S, un facilitateur

Certes, détenir un Bac S facilite l’accès aux 113 Instituts universitaires de technologie (IUT) français et à leur diplôme (DUT) informatique notamment, qui prépare pendant deux ans aux métiers d’assistants ingénieurs, chefs de projet en informatique, ou développeur. L’accès s’y fait sur dossier, tests et/ou entretien.

Il est attendu du candidat :

  • des compétences à la fois générales (de conceptualisation, de raisonnement, d’anglais),
  • des compétences techniques et scientifiques (notions de programmation, mathématiques),
  • ainsi que certaines qualités humaines (l’esprit d’équipe et l’investissement personnel).

Ils sont également bien positionnés pour intégrer un cycle de licence informatique à l’université, du fait principalement des mentions qui y sont proposées : sciences exactes (mathématiques, physique), sciences pour l’ingénieur (mécanique, électronique) et enseignement en informatique (domaine algorithmique et programmation, systèmes et réseaux, bases de données, technologies Internet, génie logiciel).

Cette orientation leur permettra ensuite :

  • de suivre une Licence Pro spécialisée en informatique dès la 2e année ;
  • ou de poursuivre par un Master après la L3 ;
  • voire de tenter d’intégrer une école d’ingénieurs (en 1re année du cycle ingénieur) via les admissions parallèles pour les titulaires d’une L2 ou d’une L3.

De même, le Bac S constitue la voie royale pour intégrer une classe préparatoire scientifique de type MPSI, PCSI, PTSI et BCPST, afin de présenter les concours d’accès aux écoles d’ingénieurs ou aux écoles normales supérieures par exemple. Ce cursus de 2 à 3 ans multiplie considérablement les chances de succès.

Enfin, le titulaire d’un Bac S peut directement tenter d’intégrer une école d’ingénieur informatique telle que l’EPITA, l’EISTI ou l’ENSIMAG par exemple, sous réserve cependant de passer l’obstacle de la sélection à l’entrée – qui est fonction des notes obtenues au cours du lycée et des résultats du bac, de la motivation et des appréciations des professeurs, ainsi que d’épreuves écrites et/ou orales selon les structures.

Le Bac ES présente aussi des atouts

Avec un Bac ES, rien n’est perdu – en particulier lorsque le lycéen a suivi la spécialité en mathématiques. Il lui est alors possible de tenter le DUT statistique et informatique décisionnelle (STID), dont la formation est dispensée dans 12 départements d’IUT. La formation se déroule en 2 ans.

En effet, 32% des admis relèvent de la filière ES – ce qui représentent tout de même 377 bacheliers ES. L’intérêt de ce parcours est qu’il permet d’acquérir des compétences en gestion informatique des données, en traitement statistique et informatique décisionnelle.

Autrement dit, des débouchés se retrouvent dans tous les secteurs d’activité (commerce et marketing, santé, industrie, services publics etc.) et le diplômé peut prétendre aux postes de chargé d’études statistiques, de développeur statistique ou décisionnel, ou de Data Manager, c’est-à-dire de gestionnaire de données.

L’étudiant peut également décider de poursuivre ses études en enchaînant par une licence professionnelle s’il cherche à s’orienter vers les métiers du web ou approfondir ses connaissances en gestion de données. Il peut aussi intégrer sur dossier une 3e année en licence d’informatique ou de mathématiques. Certaines écoles d’ingénieurs telles que l’ENSAI prévoient accueillent également ces diplômés.

Quoique la sélection soit plus serrée, le bachelier ES peut par ailleurs tenter après son Bac un DUT informatique ou un BTS informatique de gestion. S’il a pris une spécialité « mathématiques » au bac, il peut aussi postuler à  une classe préparatoire aux écoles de gestion afin d’intégrer par la suite une école de commerce car celle-ci conduit aussi à des métiers de type consultant en systèmes d’information par exemple.

Les Bacs technologiques STI2D et STLD ont leurs parcours réservés

Les opportunités ne manquent pas non plus pour les bacheliers technologiques. Et de fait, leur profil est particulièrement recherché dans l’industrie, l’informatique, les entreprises et les startups. Le point fort de ces bacheliers, et ce qui participe de leur attrait et de leur caractère distinctif, est effectivement leur apprentissage sous forme d’études appliquées. La pédagogie du « faire » qu’ils ont reçue les rend déjà proactifs.

En conséquence, les écoles et universités s’organisent pour pouvoir les accueillir et leur proposer des formations adaptées, l’objectif étant de leur forger un profil à la fois de technicien et de cadre intermédiaire polyvalent. Ils pourront ainsi occuper par la suite des postes d’assistants ingénieurs, objets de bien des convoitises chez les employeurs.

C’est dans ce contexte que les écoles d’ingénieurs ont décidé de diversifier leur recrutement et de l’étendre aux bacs STI et STL. Cette démarche a par exemple été arrêtée par l’INSA Toulouse, qui compte doubler le nombre de ses bacheliers technologiques admis à la rentrée 2018.

Une autre piste

Si l’élève n’a pu rentrer immédiatement dans une école d’ingénieur – peut être d’intégrer une classe prépa de type technologie et sciences industrielles (TSI), proposée dans plus de 41 lycées. Cette prépa dispense une solide formation en sciences industrielles de l’ingénieur, en mathématiques et en physique-chimie. Elle permet de maîtriser l’analyse de systèmes complexes et la mise en œuvre de solutions technologiques.

Après ces 2 années de prépa TSI, l’étudiant peut présenter 3 concours communs (polytechniques, Centrale-Supélec et EPITA-IPSA), et par là est susceptible d’intégrer l’un des 80 écoles concernées. Il peut également directement postuler à d’autres écoles d’ingénieurs ayant leur propre système d’admission.

Enfin, le bachelier STI ou STL peut aussi vouloir directement réaliser un BTS informatique ou un DUT informatique.

Le Bac pro informatique SEN (Systèmes électroniques numériques), une vraie chance

L’étudiant de cette filière n’est pas en reste quant à ses perspectives et débouchés professionnels dans la mesure où le Bac pro SEN permet surtout d’acquérir :

  • des compétences opérationnelles en micro-informatique (composition et configuration d’un ordinateur) ;
  • des connaissances relatives aux technologies des réseaux d’entreprises (intégration et raccordement des équipements, maintenance préventive et corrective des réseaux informatiques) ;
  • une compréhension approfondie du fonctionnement des serveurs et des systèmes d’exploitation.

Autrement dit, il se prépare aux métiers de technicien réseau, technicien de maintenance en informatique, installateur en télécoms ou encore monteur-câbleur.

Au cours de sa formation, il se spécialise en « Electrodomestique », « Audiovisuel professionnel », « Sécurité malveillance incendie », « Télécommunications et réseaux » ou encore « Electronique industrielle embarquée », ce qui lui donne accès à un large choix de secteurs (administrations étatiques, armée, entreprises, hôpitaux) aussi bien en France qu’à l’étranger.

Par ailleurs, l’attrait de son profil est démultiplié s’il choisit de compléter sa formation par un BTS, un DUT ou un diplôme d’ingénieur, soit en alternance soit en formation initiale.

Les autres Bacs pros et technologiques plus à la peine

Malheureusement, toutes les autres filières professionnelles ou technologiques sont sans conteste moins bien positionnées pour évoluer dans le domaine informatique, et parmi elles les séries STD2A, ST2S, STAV, TMS et hôtellerie.

Mais pour les étudiants absolument déterminés à intégrer – malgré les obstacles – un cursus informatique, quelques passerelles ne sont néanmoins pas à exclure. En effet, certains IUT préparent l’étudiant de manière intensive aux matières nécessaires et aux compétences attendues pour l’obtention d’un DUT. Le programme de cette classe passerelle dure 1 an. A son issue et à la condition de l’avoir validée, l’étudiant peut donc rejoindre le cursus ordinaire. Une telle opportunité est par exemple proposée par l’IUT d’Evreux.

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Les Brevets de technicien supérieur (BTS) en informatique

Les BTS en informatique sont de bonnes portes d’entrée sur le marché du travail, dans le milieu informatique, dans la mesure où ils préparent aux métiers du développement et de la gestion informatique.

S’il en existe une multitude de déclinaisons, les deux types principaux de BTS sont le BTS Services informatiques aux organisations (BTS SIO), et le BTS Systèmes numériques (BTS SN). Ces deux BTS sont susceptibles d’être proposés par les lycées publics ou privés, certains lycées professionnels, les écoles d’ingénieur, les structures d’enseignement en ligne, ou encore les centres de formation professionnelle. Il existe ainsi plus de 419 BTS SIO et plus de 242 BTS SN possibles.

D’ailleurs, il est à noter que si généralement les BTS sont accessibles aux bacheliers quelle que soit la filière dont ils sont issus (générale, technique ou professionnel), certains établissements ont élargi leurs conditions d’admission aux personnes n’ayant pas obtenu de bac.

Il est en outre possible suivre ces formations :

  • pour les bacheliers et les étudiants : en formation initiale, en alternance,
  • pour les professionnels en reconversion et les demandeurs d’emploi : en formation professionnelle ou formation continue,
  • pour les professionnels du secteur qui veulent valider leurs compétences : en validation des acquis de l’expérience (VAE).

A l’issue du BTS, un large panel de secteurs d’activité s’ouvre au diplômé, à commencer par les industries et entreprises utilisatrices d’équipements informatisés ou automatisés, les sociétés de solutions informatiques, ou les cabinets de conseil en informatique.  Il peut y exercer les fonctions de technicien de maintenance, de gestionnaire de parc informatique, ou encore d’agent commercial en informatique.

Enfin, il est également envisageable de compléter ses connaissances et étendre et/ou consolider ses compétences en poursuivant une formation supplémentaire. Ainsi, pour accéder à des postes de responsable dans une entreprise de service numérique (ESN), il peut être opportun de valider un diplôme européen d’études supérieures (DEES) :

  1. « Informatique et réseaux » : Les étudiants peuvent alors prétendre directement à des postes d’administrateur réseaux ou de chef de projet. 
  2. « Webmaster » qui permet d’accéder à des postes de développeur web, de responsable de centre de serveurs et de chef de projet.

Valider une licence professionnelle est aussi une solution (voir ci-après).

Enfin, il existe des admissions parallèles en école d’ingénieur ou de commerce, voire dans certaines écoles d’informatique, qui permettent de suivre des formations de niveau bac+4/Bac+5.

Les Diplômes universitaires de technologie (DUT) en informatique

Les DUT Informatique préparent aux métiers d’assistants ingénieurs et de chefs de projet en informatique de gestion et en informatique industrielle. Il en existe plus de 110 en France. Autrement dit, les diplômés sont parfaitement opérationnels à l’issue de ces deux ans : ils contribuent activement à concevoir, développer et mettre en œuvre des systèmes d’informations ; ils sont aptes à administrer des réseaux, créer des programmes, assurer une assistance technique, et gérer des bases de données.

Avec de l’expérience, ils peuvent ensuite tendre vers des postes d’architecte réseau, de développeur-intégrateur de sites Internet ou de bases de données, de responsable technico-commercial ou de spécialiste méthodes.

Les DUT Informatique sont accessibles aux titulaires d’un Baccalauréat, sachant que les admis sont majoritairement issus de la série S, puis de la série STI2D.

Comme le cursus permet une insertion professionnelle immédiate, le DUT peut se suffire à lui-même ; mais nombreux sont les diplômés qui décident de poursuivre leurs études en validant :

  • une licence d’informatique,
  • une licence professionnelle métiers de l’informatique,
  • un cursus dans une école spécialisée (Supinfo Paris, ESIG, ESGI, etc.),
  • ou un cursus d’ingénieur via une admission parallèle (EISTI, EFREI Paris, ENSEEIHT Toulouse, etc….).

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Les licences informatiques

L’intérêt de ce cursus, proposé par les écoles publiques et les universités, est qu’il prévoit une formation pluridisciplinaire et relativement générale permettant d’exercer par la suite dans de nombreux secteurs.

Les deux principaux parcours proposés en licence sont d’une part le parcours d’informatique générale, et d’autre part le parcours dit MIAGE (Informatique appliquée à la gestion des entreprises).  Les enseignements dispensés concernent surtout les sciences exactes (informatique, mathématiques, physique, chimie) et les langues étrangères.

Si on compte assez logiquement parmi les admis une majorité d’étudiants titulaires d’un Bac S, cette formation universitaire est accessible à toutes les filières, sous réserve que le candidat atteste d’un bon niveau dans les matières scientifiques. Il existe en tout cas plus de 112 licences informatiques possibles.

Les savoirs et compétences techniques acquis autorisent généralement à l’étudiant de se recommander d’un bagage intellectuel et opérationnel solide, qui lui permettra à sa sortie de s’insérer rapidement dans le milieu professionnel. En fait au terme de la L3, il maitrises les fondamentaux de l’informatique, il œuvre à la résolution de problèmes complexes, il est en capacité de développer des applications logicielles, et il travaille volontiers en équipe et à l’international. Autrement dit, il peut entrer dans la vie active en tant que technicien de niveau supérieur ou assistant ingénieur.

De nombreux diplômés décident néanmoins de poursuivre leurs études et :

  1. d’intégrer de plein droit un master d’informatique pour exercer dans les domaines de la programmation et de l’administration système ;
  2. ou de s’orienter vers une école d’ingénieurs pour accéder à des postes de management (ex : chef de projet informatique) ;
  3. ou encore d’obtenir un master de recherche pour faire de la recherche et devenir enseignant dans le supérieur.

Les licences professionnelles métiers de l’informatique

On dénombre 130 licences pro Informatique en France. La préparation dispensée dure un an et est ouverte à tous les titulaires d’un Bac+2 dont la formation est compatible avec les objectifs de la licence professionnelle (BTS, DUT, L1+L2 validés, VAE). En revanche les promotions étant relativement petites, la sélection à l’entrée est particulièrement drastique.

Les parcours proposés au sein de la formation recouvrent le génie logiciel, les objets intelligents, la sécurité des réseaux et systèmes, les bases de données et le développement d’applications. Le cursus s’effectue en formation initiale, en formation continue ou en alternance ; l’objectif étant d’approfondir les connaissances des étudiants notamment en développement d’applications web, en architecture serveur, et en sécurité des réseaux.

A l’issue de la formation, le diplômé peut exercer les métiers d’administrateur de base de données, de chef de projet web, d’informaticien ou de programmeur industriel.

Il peut également compléter son parcours par un master universitaire, ou un master spécialisé.

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Les écoles d’ingénieurs

Sur les plus de 2 200 formations proposées par les 210 écoles françaises d’ingénieurs (dont 155 écoles publiques, 52 écoles privées et 3 écoles de statut consulaire), 850 sont orientées informatique. On y accède directement soit post bac, la formation se déroulant alors en 5 ans ; soit post prépa, ce qui réduit le cursus à 3 ou 4 ans.

Il est également possible d’intégrer une école de programmation en admission parallèle à la condition de détenir un BTS informatique, un DUT informatique ou une licence informatique. Enfin, les autres candidats (notamment les professionnels en reconversion) doivent réussir un concours spécifique. Certaines écoles, en particulier de statut privé, offrent en outre l’opportunité d’un cursus en alternance.

Quels programmes ?

Le contenu des programmes est généralement très riche et dense puisqu’y sont dispensés des enseignements tels que les langages de programmation, l’infographie, la robotique et l’anglais. A l’issue de la formation, le diplômé peut postuler légitimement à un poste de directeur des systèmes d’information, de responsable de sécurité des systèmes d’information, d’ingénieur systèmes et réseaux, d’architecte logiciel ou d’ingénieur de recherche et développement (R&D).

Les écoles d’ingénieur encouragent cependant ses étudiants à réaliser également des études à l’étranger, de manière à maîtriser la langue universelle par excellence. Il est aussi envisageable d’effectuer un mastère spécialisé en informatique. Mais souvent, à l’issue de cette formation déjà complète, bien des diplômés entrent directement dans la vie active. 

Les Masters d’informatique

Plus de 492 Masters Informatique peuvent être répertoriés. Accessibles aux titulaires d’un diplôme de niveau Bac+3 et d’une durée de 2 ans, ils ont pour but de former des experts en e-business, e-commerce, e-marketing ou Web en général.

Ces experts seront à même d’exercer en tant qu’ingénieur de R&D, chef de projet, architecte de logiciels, responsable de sécurité, ingénieur réseaux ou webmaster.

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Les Mastères Spécialisés Informatique (ou Master Spé informatique)

Il existe près de 18 Mastères Spé Informatique en France. Très spécifiques, ils s’adressent aux étudiants qui cherchent à se spécialiser dans un domaine ou à obtenir une double compétence. Ainsi, tout titulaire d’un Master d’informatique, d’un diplôme d’une école d’ingénieurs ou de commerce ou d’un diplôme étranger d’un niveau équivalent peut rejoindre cette formation. Les étudiants de niveau Bac+4 avec 3 ans d’expérience professionnelle peuvent également y postuler.

Très exigeant, le programme est dispensé en un seul semestre et souvent intégralement en anglais ; le 2nd semestre devant être consacré au stage professionnel en entreprise ainsi qu’à la rédaction d’une thèse. Suite à la validation du Mastère, l’étudiant s’insère dans le monde du travail en devenant notamment ingénieur informaticien, chercheur, développeur expert en nouvelles technologies ou encore chef de projet informatique.