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Travailler dans le luxe

De La Rédaction, publié le 12/02/2018

Source de fantasmes, l’univers du luxe attise la curiosité autant qu’il génère de la fascination. Il s’agit de l’un des rares segments de marché dont la pénétration peut constituer déjà en soi un aboutissement. Le professionnel qui y exerce est de fait instinctivement reconnu comme un ambassadeur de l’excellence et du raffinement, tant l’exigence à l’entrée est élevée.

Cela étant dit, le marché mondial du luxe atteint un chiffre d’affaires record de 1160 milliards d’euros en 2017, en augmentation de 5%. Il recèle donc nombre d’opportunités de carrières, d’autant que l’évolution des modes de consommation et la mutation numérique exigent du secteur qu’il s’adapte. Autrement dit, les profils attendus se diversifient.

Quelles sont les compétences recherchées ? 

1. D’abord, tous les profils d’études sont bienvenus

Contrairement à certaines autres filières telles que les filières scientifiques qui exigent un profil type bien spécifique fondé sur une maîtrise des sciences exactes, les voies d’accès au secteur du luxe sont nombreuses et ouvertes à tous les niveaux d’études ainsi qu’à toutes les séries du bac (ES, L, S, STG par exemple).

2. Ensuite, les exigences à l’entrée relèvent surtout du savoir-être   

Savoir communiquer sa passion et la créativité que le secteur vous inspire

D’abord, la passion. L’intérêt pour le secteur doit pouvoir s’exprimer à travers une connaissance pointue des marques – de leur image, de leur histoire et de leur positionnement –, des produits, des nouveautés et des tendances.

L’enthousiasme, agrémenté d’une analyse personnelle des points forts et des points d’amélioration de l’offre, sont les meilleurs moyens de communiquer aux recruteurs sa verve et la créativité que le secteur vous inspire.

3. Maîtriser l’art oratoire en langue française comme en langues étrangères

Une bonne maîtrise de l’art oratoire et rédactionnel permet en outre de renforcer votre pouvoir de conviction. L’étendue et la variété de votre vocabulaire peut être particulièrement apprécié, notamment dans la perspective d’un poste dans le domaine du marketing ou de la vente. Votre amour de la langue trouvera bien des manières et des occasions de s’illustrer dans le cadre de votre profession.

Ce goût de la langue et de la communication doit nécessairement aussi s’accompagner d’un intérêt profond pour les langues étrangères. Sans une maîtrise opérationnelle de l’anglais (résultat minimum exigé au TOEIC : 800) ainsi que d’une deuxième langue (notamment le russe, le chinois, l’arabe ou l’italien), les chances d’être recruté et de progresser dans sa carrière sont considérablement réduites.

4. Soigner votre style vestimentaire et votre maintien général

Bien entendu, travailler dans l’univers du luxe exige que vous ayez travaillé avec soin votre style vestimentaire de telle façon que votre prestance soit positivement et flatteusement remarquée et reconnue. A travers votre look, le recruteur doit pouvoir approcher la personne que vous êtes et la tendance dans laquelle vous vous inscrivez. Surtout, il doit aimer le message que vous véhiculez et qui doit correspondre à l’image et à l’esprit de sa marque.

Au-delà du style, la prestance tient à la tenue générale du corps qui ne doit être ni désinvolte, ni pincée. Avoir une certaine aisance dans les gestes et une fluidité des mouvements peut conférer une allure pleine d’élégance et de dignité, fortement regardée lors des recrutements. Car exercer dans ce secteur suppose de n’être ni rigide, ni timide, ni trop décontracté, mais alerte, souple et gracieux. 

5. Avoir le sens du service et du contact

Autres impératifs du secteur : l’envie et l’art de servir le client. L’ensemble des métiers du secteur est tourné vers le service au client, en conséquence il est indispensable de prendre en compte dans chacune de ses missions la satisfaction du client. Cela signifie en premier lieu d’être capable d’écoute et de compréhension des besoins.

Ensuite, d’être en mesure d’être force de proposition en même temps qu’ouvert d’esprit. Enfin, de l’audace et de l’originalité peuvent être de bons atouts, sous réserve de ne pas heurter les clients dans leur choix. Autrement dit, il faut savoir équilibrer entre rigueur, simplicité et ingéniosité.

6. Posséder ce petit plus

Si détenir un profil commercial est bien sûr très apprécié, les recruteurs sont désormais aussi aux aguets de ce petit plus qui peut faire toute la différence entre deux candidatures et qui peut résulter d’une formation en psychologie, sociologie, droit et lettres ou ressources humaines : à savoir, cette dimension humaine et sensible mais aussi cette capacité à conceptualiser et contextualiser les évènements, les produits, les tendances.

Quels parcours possibles ?

Choisir son école peut être en soi un défi. Pour le relever, autant établir quelques critères de sélection qui permettront d’augmenter vos chances de succès à l’entrée dans le monde du travail.

1. Visez une école cotée

Il va de soi que plus l’école est prestigieuse, plus les offres de recrutement seront nombreuses. Cette exigence est d’une particulière importance dans ce secteur plutôt confidentiel.

2. Visez un parcours international

Une formation bilingue, voire trilingue est le passeport idéal pour pénétrer cet univers. D’ailleurs, effectuer des stages à l’étranger est synonyme d’ouverture d’esprit et de curiosité intellectuelle, qualités essentielles dans le domaine.

3. Favorisez les écoles avec un réseau d’anciens élèves

L’univers du luxe fonctionnant quasiment en vase clos, il est important d’entretenir des contacts avec les étudiants des promotions précédentes, de manière à se faire connaître, conseiller et aiguiller.

4. Veillez à ce que l’école ait développé des partenariats prestigieux

L’école doit pouvoir vous proposer des stages dans de grandes maisons, de manière à vous acclimater et à mettre à l’épreuve vos connaissances et compétences. Au-delà, c’est le moyen – en plus de faire ses premières armes – de vous faire repérer.

5. Vérifiez que les enseignants soient aussi des professionnels

Ce secteur exige plus que d’autres d’être appréhendé d’un point de vue marché. Aussi, lorsque les enseignements sont dispensés par des professionnels, la plus-value en terme de professionnalisation est réelle.

6. Évaluez la valeur du titre de fin d’études

Enfin, la validation de la formation doit idéalement conduire à l’obtention d’un titre reconnu :

  • au Répertoire national de certification professionnelle et relevant du ministère du travail,
  • ou à la Conférence des grandes écoles,
  • ou encore du ministère de l’enseignement supérieur (master universitaire),
  • ou diplôme de niveau master pour les écoles privées.

Distinguer formations universitaires et formations des écoles

À l’université : des formations courtes, professionnalisantes et accessibles

Accessibles aux bacheliers, les formations universitaires préparent aux différents domaines du luxe, notamment la cosmétique, la parfumerie, la mode et l’hôtellerie. Relativement généraliste, le cursus permet néanmoins de s’insérer sur le marché du travail puisque sont proposés des parcours de licence, licence professionnelle et master.

Par ailleurs, les cursus prévoient le plus souvent des programmes de tutorat et des stages pratiques, ainsi que des formations en alternance de manière à renforcer la dimension professionnalisante du parcours universitaire.

A cela s’ajoute l’opportunité offerte de réaliser un séjour d’études dans une université étrangère.

Enfin, l’accessibilité de ces formations universitaires tient également aux faibles frais de scolarité associés, qui s’élèvent 400 euros annuels tout au plus.

Exemples de formations universitaires :

  • La Licence professionnelle Gestion et développement des produits de la mode de l’Université d’Aix-Marseille
  • Le Master Innovation, design, luxe de l’IA Gustave Eiffel, rattaché à l’Université Paris-Est Créteil
  • Le Master Sciences de la Vigne et du vin, spécialité vins et champagnes de l’Université Reims Champagne-Ardenne
  • Le Master économie et gestion du goût et du luxe, de l’Université de Reims
  • Le Master innovation, design et luxe de l’Université Paris-Est-Marne-la-Vallée
  • Le Master marketing et stratégie, parcours luxury Management, de l’Université Paris-Dauphine
  • Le Master pro management du luxe de l’Université de Dauphine

Dans les écoles : des formations plus spécialisées et gages d’un bon réseau professionnel

Les écoles de commerce et de management

Les écoles qui proposent un cursus spécialisé dans le domaine du luxe sont souvent accessibles après le Bac. Intégrant des stages et/ou un cursus en alternance, elles délivrent des enseignements également généralistes et transversaux.

Plus ouvertes encore que les universités, elles fondent une grande partie de leur attrait sur leur caractère véritablement international et leur adéquation au monde de l’entreprise.

Mais cette grande ouverture professionnelle se paie et les frais de scolarité s’y élèvent en moyenne à 10 000 euros annuels.

Exemples de formations proposées par les écoles de commerce :

  • Le Bachelor et le Mastère Management du luxe de l’ESGCI
  • Le MBA International luxury brand management de l’ESSEC
  • Le MBA Mode et luxe de l’ESG, qui peut s’effectuer en alternance
  • Le MBA Marketing et management des industries du luxe de l’ISC Paris
  • Le Master Marketing et management des industries créatives de l’ISC Paris
  • Le MSc in Luxury Management & Marketing de l’EM Lyon
  • Le MSc Fashion, design and luxury management de l’EM Grenoble
  • Le MBA spécialisé Luxury brand management de l’ESLSCA Business School Paris
  • Le Master management du luxe de Paris school of business

Les écoles spécialisées du luxe

Les écoles intégralement dédiées au luxe ne sont pas en reste et leur objet est de permettre aux étudiants d’acquérir une expertise pointue dans ce secteur ainsi que dans l’un ou plusieurs des domaines qu’il recouvre.

Outre la professionnalisation, ces écoles ouvrent à ses étudiants leur réseau d’entreprises partenaires.

Exemples de formations proposées par les écoles du luxe :

  • La licence professionnelle Vente et commercialisation nationale et internationale des produits de la cosmétique et de la parfumerie de l’École Élysées Marbeuf
  • Le MBA Luxury brand marketing and international management de l’institut spécialisé Sup de Luxe
  • Le Bachelor Luxe, mode, beauté de Paris School of Luxury
  • Le M1 et le M2 Marketing et communication luxe, mode, beauté de Paris School of Luxury
  • Le Bachelor Management de la mode de Mod’Art international
  • La formation Chef de produit mode et habillement de Mod’Spe Paris
  • Le MBA Global Luxury Brand Management de Sup de Luxe
  • Les MBA Spécialisés de l’Eécole internale de marketing de luxe (EIML)
  • Le MSc Luxury de l’Institut Français de la Mode (IFM)

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Rang

Établissements

Master, MS ou MBA

1

Université Paris-Est Marne-la-Vallée Master Innovation Design & Luxe

2

Institut Supérieur de Marketing du Luxe (ISML) – Chaire Cartier – EDC Paris Business School MBA Spécialisé Luxury Brand Marketing and International Management

3

emlyon business school MSc in Luxury Management & Marketing

4

NEOMA Business School International Master in Luxury Management – Double diplôme MIP Politecnico di Milano

5

ICN Business School ICN MSc in Luxury and Design Management

6

IFA Paris MBA Luxury Brand Management – Certifié International Master par IDEL

7

SKEMA Business School MSc Luxury and Fashion Management

8

MBA ESG MBA Management et Marketing du Luxe

9

Université Paris-Dauphine Master Marketing et Stratégie – 207 – Management du Luxe

10

ESLSCA Business School Paris MBA Management et Marketing du Luxe et de la Mode

11

ISC Paris MBA Spécialisé Marketing du Luxe

12

Ecole Conte Ms Management du Luxe et de la Mode, majeure Luxe

13

Grenoble Ecole de Management MSc Fashion, Design and Luxury Management

14

International University of Monaco Master of Science in Luxury Management

15

ESGCI Mastère Management du Luxe

16

IPAG Business School MBA Luxury Brand Management

17

EFAP MBA Spécialisé Luxury Communication & Stratégies

18

Institut Supérieur de Gestion (ISG) MBA Luxury Management & Marketing expérientiel

19

INSEEC MBA Luxury Brand Management, Food and Wine

20

Université de Cergy-Pontoise / ESSEC / ISIPCA Master 2 Marketing International de la Parfumerie et de la Cosmétique

Quels sont les débouchés envisageables ?

Les compétences acquises au sortir des études

A l’issue d’un de ces parcours, qu’il soit de 3, 5 ans ou plus, le diplômé détient des connaissances dans divers domaines, à commencer par le marketing et la communication, le management, le commerce et le merchandising. Il a également de solides notions de droit et d’économie, d’art et d’œnologie et une bonne maitrise de plusieurs langues étrangères.

Il s’est en outre spécialisé dans un ou des secteurs précis, qu’il s’agisse des vins et spiritueux, de l’automobile, de la mode ou de la parfumerie par exemple. Son apprentissage a également conforté son art de la conversation, du savoir-vivre et du savoir-être.

Les formations encouragent en outre la pratique avec les stages en entreprise, durant lesquels les étudiants s’essaient au conseil client, ainsi qu’à la promotion auprès des professionnels du luxe. Il est d’ailleurs essentiel d’acquérir durant son cursus des expériences dans la vente ou le milieu commercial.

Les métiers

Selon le cabinet Deloitte, sur les 100 champions mondiaux 2017, la France est  le pays qui non seulement affiche la plus forte croissance (+15%), mais en plus détient la plus grande part de marché (24% des ventes mondiales) avec notamment ses trois groupes : LVMH, Kering et L’Oréal. Cela représente près de 200 000 emplois liés directement ou indirectement à l’industrie du luwe.

Les opportunités sont donc nombreuses au sortir des études.

Attention cependant, les postes à responsabilité ne sont confiés qu’aux titulaires d’un diplôme de niveau Bac+5 (master pro ou diplômes d’écoles de commerce avec une spécialisation en marketing).

Les débouchés sont quoi qu’il en soit particulièrement variés :

Dans le secteur du marketing traditionnel

Parmi les métiers les plus connus, on compte notamment le poste de Chef de produit qui assure l’excellence du produit et travaille pour cela à façonner son image dans le respect des valeurs et de l’éthique de la marque. Son rôle est de dynamiser l’offre en anticipant les évolutions de tendances. Sa créativité est au service de cette mission.

Dans le secteur du marketing digital

Avec le développement de la vente en ligne, le poste de Responsable e-marketing obtient ses lettres de noblesses. Il travaille aux côtés du Responsable du référencement, du Chargé de la relation client sur Internet et du Responsable social média.

Dans le secteur du commerce et de la vente

Le conseiller de vente accueille et conseille les clients en boutique. Son objectif n’est pas seulement de vendre mais de donner envie d’acheter. À ce titre, il être en mesure de communiquer la valeur d’un produit et transmettre la culture de la maison. Son rôle est également de fidéliser sa clientèle, en la connaissant parfaitement et en en cernant les habitudes de consommation. Garant de la qualité de service, il est également chargé de la gestion des stocks.

L’attaché commercial développe son portefeuille clients et consolide les ventes dans le respect de la politique commerciale prédéfinie. Soumis à des déplacements fréquents dans un secteur géographique donné, il tisse des liens solides avec sa clientèle.

Le Manager des ventes et le Directeur de boutique ont en charge la mise en œuvre de la politique commerciale de l’entreprise. Ils garantissent également le très haut niveau de qualité de service et de la relation client. Leur En back office, ils portent toute leur attention et énergie à la progression du chiffre d’affaires et s’assurent donc de la productivité de leurs équipes commerciales.

Quant au Directeur de zone géographique et au Responsable export, ils développent la marque dont ils sont les ambassadeurs vis-à-vis de l’extérieur. A la fois vendeurs qualifiés et spécialistes en marketing international, ils s’intéressent au lancement et à la diffusion de nouveaux produits et travaillent à l’acquisition de nouvelles parts de marché et de nouveaux partenariats à l’étranger.

Dans le secteur de la communication

L’attaché de presse adopte les codes de cette industrie dans son mode de communication. Il peut appartenir directement à une marque ou travailler dans un journal.

Dans le secteur de l’artisanat d’art (horlogerie, joaillier, brodeur, plumassier, sertisseur, ébéniste, tapissier etc.)

Les métiers dits « de la main » regroupent plus de 200 professions et représentent un marché de 8 milliards d’euros, composé de plus 38 000 entreprises françaises. Autrement dit, les artisans du luxe s’ouvrent une voie royale lorsqu’ils entrent sur ce marché, d’autant que les besoins sont criants. Ainsi par exemple, les métiers de la maroquinerie et de la bijouterie-horlogerie sont très prisés et le niveau d’insertion professionnelle des CAP est particulièrement élevé (87%).

Pus de 1 000 établissements en France – recensés sur le site internet de l’INAM – dispensent des formations, au sortir desquelles l’étudiant obtient un Certificat d’aptitudes professionnelle (CAP), un Bac pro, un Brevet des métiers d’art (BMA) de niveau Bac ou encore un diplôme supérieur des arts appliqués (DSAA) de niveau Bac+5.

En tant que créateur-concepteur par exemple, le diplômé peut ouvrir son propre atelier et travailler à son compte, ou intégrer une entreprise ou une maison de prestige. Mais le plus souvent, il s’avère nécessaire de multiplier les expériences pour aiguiser son savoir-faire et s’adapter aux exigences changeantes du marché.